Quand l’art déplace les montagnes...

Au bénéfice des populations amérindiennes, un sculpteur d’origine polonaise se met en charge de modeler la montagne à leur image, comme un hommage, et pour faire écho au Mont Rushmore.

Une sculpture blanche d'un amérindien sur un cheval dressé pointant fièrement son bras devant, cheveux au vent, au fond une immense montagne est en cours de taille pour reproduire cette statue. #ayniart #provence #art.
Modèle de la sculpture hommage aux Premières nations, au fond la construction du Crazy Horse Memorial en 2015. AyniArt.
Une immense montagne est taillée un visage au sommet commence à se voir. #provence #art #ayniart
Le Crazy Horse Memorial en 2010, Black Hills Dakota du Sud. AyniArt.

Né de la volonté du sculpteur talentueux Korczak Ziolkowski qui a participé, entre autres, à la création du Mont Rushmore, le Crazy Horse Mémorial est le projet d’une sculpture de très grande envergure, taillée à même la montagne, d’un chef indien sur son cheval désignant du bout du doigt la plaine en contrebas.

Le projet vient du désir de donner un mémorial d’exception à toutes les tribus amérindiennes et de créer par l’afflux des visiteurs un gain destiné à favoriser les enseignements des jeunes et le développement de ces populations en leur alléguant la place qu’ils méritent au sein de la société

américaine.
Une entreprise à des fins non lucratives, la Crazy Horse Fondation voit le jour.


 Un énorme chien avec deux canines menaçantes sculpté dans un tronc en bois massif, des touches de peinture rouges et noires le rendent plus agressif. #provence #art #ayniart.
Sculpture en bois, Musée d'Anthropologie Université de Colombie Britannique Vancouver. ©2016 AyniArt.

Le site est destiné à entretenir et préserver la mémoire de la culture amérindienne, de la représenter dignement, de diffuser leur pratique artisanale et aussi à financer les études supérieures de jeunes indiens.
Ainsi chaque année des dizaines de bourses sont allouées à cet effet et des expositions sont organisées sur place pour présenter les créations artistiques amérindiennes de plusieurs tribus de la région.

Il commence à creuser la montagne en 1948, située dans les Black Hills, dans le Dakota du Sud des Etats-Unis. Il s’agit d’une oeuvre monumentale qui, une fois achevée, fera 195 mètres de long sur 172 mètres de hauteur et préfigure être la plus grande sculpture au monde.

La montagne est sculptée à force de détonations. Le travail est titanesque. Korczak s’y affaire chaque jour, week-end et jours fériés. Mais en 1992, Korczak Ziolkowski décède.


Une énorme montagne sculptée à coups de dynamite, le visage de l'amérindien apparaît. #art #ayniart #provence.
Le Crazy Horse Memorial en 2010.

C’est alors que, contre toute attente et contre toutes les prévisions des personnes aux alentours, sa veuve Ruth

Ziolkowski et 7 de leurs enfants entreprennent de poursuivre les travaux de Korcsak. Celui-ci leur a laissé en héritage les précieux cahiers des plans détaillés de la future sculpture. Il leur dit : « Si jamais vous choisissez de poursuivre les travaux, n’abandonnez jamais » et « Allez-y lentement et

le travail sera réussi». Et c’est donc ce que ces décendants choisissent de faire.

Sa fille se charge de retracer les lignes en 3D, points par points selon le modèle original, de les remettre à l’échelle gigantesque; et du haut d’une structure en fer surplombant temporairement la montagne, elle va créer chaque détails de la tête du chef indien sur la roche. Les lignes sont ensuite

tracées au marteaux-piqueurs et les finitions réalisées aux jets d’eau pulsés. Le visage du chef indien terminé sera inauguré en 1998.

Les sept frères et sœurs impliqués (Korcsak et Ruth eurent 10 enfants) et leur mère, jusqu’à sa mort en 2014, continuent l’oeuvre initiée par leur père.


sculpture modèle du chef indien sur son cheval. #provence #art #auniart.
Modèle du futur Crazy Horse Memorial.

Les financements des travaux sont participatifs, issus de dons privés, et entretenus par la vente des billets aux visiteurs. Par deux fois, le projet s’est vu proposer des sommes conséquentes par le gouvernement américain et Korcsak Ziolkowski les refusa, redoutant que des subventions de l’état puissent interférer sur la visée des buts éducatifs et culturels initiaux.

Le site qui abrite également un musée de la culture amérindienne, reçoit chaque année plus de visites ( plus d’un million par an), de curieux venus admirer l’oeuvre gigantesque et fascinés par la poursuite familiale de cette entreprise hors du commun.

Une estimation de la durée des travaux, dont aucune date n’est fixée, est aux alentours de 50 ans. Le Crazy Horse Mémorial, bien que contre-versé les premières années par certains détracteurs, représente néanmoins une belle entreprise de valorisation des populations autochtones et s’avère être une réelle preuve de ténacité et de passion issue de la famille de ce sculpteur si particulier.



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